Biarritz : une découverte archéologique pourrait retarder la consolidation des falaises

Biarritz : une découverte archéologique pourrait retarder la consolidation des falaises

A Marbella, les travaux doivent débuter à la fin de l’année. L’exploration archéologique de tourbières pourrait affecter le calendrier initial

Les travaux de consolidation des falaises de Marbella sont tombés sur un os. Plus précisément, la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) est tombée sur de la tourbe datant du Pliocène. L’époque est aussi celle où la vie humaine est apparue sur la Côte basque. D’où un intérêt soudain pour ces dégradations de déchets organiques que sont les tourbières, et la saisine du service régional de l’archéologie (ce service dépend de la Direction régionale des affaires culturelles (Drac), administration d’État rattachée au ministère de la Culture, tandis que la Dreal est une administration émanant de la Région Nouvelle-Aquitaine, NDLR).

Cette découverte présente un intérêt pour la recherche historique et doit donc conduire à des fouilles archéobotaniques. Dans un courrier datant de la fin du mois d’avril, la Ville de Biarritz est appelée à choisir une équipe d’archéologues qui devra intervenir durant les travaux. Le planning prévoyait six à huit mois d’intervention, à partir de la fin 2017. Patrick Destizon, l’adjoint à l’urbanisme, et les services techniques de la Ville sont en attente de précisions tant pour la réalisation des fouilles que pour leur financement. Deux points qui peuvent avoir des incidences sur le calendrier des travaux.

Flore et faune du Pliocène

Pour le moment, la mairie conserve l’intention de débuter le chantier à la fin de l’année. Le travail des archéologues, à la recherche de pollen ou autres vestiges végétaux ou faunistiques interviendrait après les premiers coups de pelle mécanique dans la falaise. Pour combien de temps? Mystère. Patrick Destizon formule des hypothèses : « Peut-on modifier le plan de travail ou mettre de la tourbe de côté pour leur faciliter les recherches? Vont-ils renoncer à leurs fouilles ou se caler à notre agenda»

Cette nouvelle est tombée au plus mauvais moment. Comme le soulignait, début mai, Christophe Landrin, le directeur général des services, les entreprises désignées par appel d’offres sont d’ores et déjà dans les starting-blocks.

Beaucoup de questions

Ces aléas affectent les entreprises chargées d’édifier les enrochements, de consolider les parois verticales, et de construire les aménagements en haut de falaise. Ils inquiètent aussi les actuels occupants des lieux, eux aussi tributaires des travaux : les employés du poste de secours, le club et les écoles de surf, ainsi que la cabane de la plage. Les murs qui les abritent seront détruits au début du chantier. Leur reconstruction, avec des matériaux démontables, est, elle aussi, tributaire du calendrier des fouilles dans la tourbe millénaire. Anne-Sophie Ragouet a repris l’exploitation du Debololo depuis le décès de sa tante, le 27 novembre dernier. Elle est en pleines conjectures. L’adjudication, qui lui était accordée depuis 1994, doit prendre fin en septembre. « Faut-il que je démonte la cabane en septembre? » Des questions nombreuses, comme les bibelots suspendus au plafond des lieux emblématiques, perchés sur la falaise. « J’ai hérité de tout ça, je ne sais pas si c’est un cadeau!, s’amuse Anne-Sophie Ragouet. Lorsqu’il va falloir démonter, je ne sais pas très bien ce que je vais trouver dessous. » De la tourbe, à coup sûr, datant d’un autre temps.