Quel avenir pour les Casetas de Biarritz ?

Le devenir de cette manifestation populaire, annulée cette année par le maire, pourrait être l’un des enjeux des prochaines élections municip
Les élus de la majorité comme de l’opposition s’accordent à dire qu’il faut arrêter le côté boîte de nuit des Casetas.
 

 

Les élus de la majorité comme de l’opposition s’accordent à dire qu’il faut arrêter le côté boîte de nuit des Casetas. (archives p. tohier)

Les Casetas annulées cette année par le maire, la manifestation peut-elle prétendre quand même à un avenir, sous quelles conditions et où ? Nous avons posé la question aux prétendants à la succession de Didier Borotra.

Annuler la fête : une bonne décision ?


Qu’ils soient de la majorité (Max Brisson, Michel Veunac et Guy Lafite) ou de l’opposition (Patrick Destizon, Jean-Benoît Saint-Cricq et Galéry Gourret-Houssein), les élus disent respecter la décision de Didier Borotra. « Mais il est quand même dommage qu’elle soit si brutale et prise avec si peu de concertation, regrette Patrick Destizon. Le maire aurait pu réunir les acteurs politiques de la ville pour essayer de trouver des solutions. Sur la méthode et le fond, c’est déplorable. »

« C’est une mesure radicale qui aurait pu être évitée si la mairie avait bien fait son travail, assène Jean-Benoît Saint-Cricq. Elle avait un an pour réfléchir et mettre en place des solutions pour préserver l’événement. » « Comme à l’accoutumée, Didier Borotra ne s’est concerté avec personne, appuie Galéry Gourret-Houssein. Ni avec sa majorité, ni avec les jeunes ou les commerçants. J’espère que cette décision ne va pas faire définitivement disparaître cette fête. » « Ne jetons pas la pierre à Didier Borotra, tempère Guy Lafite. Il devait faire face seul à une responsabilité morale et juridique. »

Comment améliorer la sécurité ?

Pour MM. Veunac, Destizon et Galéry-Houssein, s’appuyer sur l’expérience de la Ville de Bayonne en matière de fête pourrait servir de base pour une future réflexion. « À Bayonne, ils ont mis en place un système de service civique auprès des jeunes. Pourquoi ne pas s’en inspirer ?, suggère Michel Veunac. Car le problème majeur de notre fête, c’est l’alcoolisation massive des jeunes. Je ne veux pas faire le procès des Casetas, dont je suis un partisan, mais il faut apporter des corrections afin de rétablir leur esprit festif originel. Cela passe aussi par des animations différentes. » Et d’ajouter : « À mon sens, l’édition 2014 ne pourra bien se dérouler qu’en concertation avec les autorités publiques et les commerçants. »

« Il faut privilégier la restauration par rapport à la beuverie, acquiesce Jean-Benoît Saint-Cricq. Il ne s’agit pas de faire une politique anti-jeunes, mais il faut cesser le côté boîte de nuit. Pour éviter les débordements, il faut à la fois de la prévention et de la répression. Ce qui suppose un déploiement de moyens plus importants et une vraie coordination avec les services de police, nationale et municipale, mais aussi la présence en nombre suffisant de pompiers et d’antennes médicales. »

« Il faut repenser la fête en profondeur, abonde Max Brisson, et mettre des moyens en matière de sécurité et de gestion, ce qui nécessitera beaucoup de travail préparatoire entre l’État et la Ville. Je crois que l’on peut canaliser les flux d’entrées au parking des 100 Marches et celui du Port-Vieux. De fait, on élargit le périmètre de la fête, ce qui sous-entend que l’on organise différemment les Casetas et que l’on diversifie à la fois l’offre et les animations. La qualité de ces dernières nourrit l’intergénérations, laquelle règle beaucoup de problèmes. »

« Si l’on veut éviter les dérapages alcoolisés en fin de soirée, il faut fermer plus tôt la fête », suggère Patrick Destizon. Propos repris par MM. Gourret-Houssein et Lafite. « Il faut retrouver l’esprit apéro repas des débuts, » valide ce dernier.

La fête ailleurs, est-ce envisageable ?

Déplacer les Casetas serait, pour Patrick Destizon, « un enterrement de première classe ». Max Brisson ne les imagine pas ailleurs que dans « ce lieu magnifique et magique ». Adjectifs employés également par Jean-Benoît Saint-Cricq pour dire que, lui aussi, laisserait les Casetas à la Côte des Basques. « Mais comme je pense qu’il faut diminuer les plages horaires, j’ajouterai une durée de fête plus longue ».

Michel Veunac juge le site de la Côte des Basques « trop étriqué et qui ne convient pas », sans pour autant en donner un autre de substitution, « il faudra en discuter ». Guy Lafite suggère Ilbarritz, « moins engoncé et moins dangereux », tandis que Galéry Gourret-Houssein verrait bien la manifestation migrer vers la Milady.